Votre enfant commence à grandir, il a quitté l’école primaire. Il rentre dans une période de préadolescence. Ou il y est déjà. Vous ne pouvez plus apporter votre aide en le suivant et le guidant dans ses devoirs. Vous vous sentez même un peu dépassé(e) quand vous regardez ses exercices de mathématiques, ses compositions de français.

Vous voulez continuer à aider votre enfant, à vous sentir utile et ne pas devenir qu’un simple portefeuille pour assouvir ses besoins en distractions.

Dans leur besoin  de soutenir leur enfant, les parents se muent en conseilleur. donnent des conseils du genre : «Tu devrais mieux gérer ta méthode de travail » ;  « tu devrais commencer à réfléchir sur ton orientation » etc. Les conseils deviennent même des injonctions lorsque vous voyez votre enfant aller dans le mur en klaxonnant. Quoi de plus normal.

Pensez-vous que  tous ces conseils sont suivis ? Bien sûr que non! Tous les parents ont vécu cette frustration de ne pas être écouté par leur enfant.

Je vais même plus loin. Agir ainsi est même une terrible erreur : non seulement vous n’êtes pas écouté(e) (chaque enfant organise sa résistance à sa façon notamment par la non-écoute), mais vous passez pour un horrible donneur de leçons agaçant. Au bout d’un moment votre seule façon d’agir et de communiquer est de donner des ordres, de demander des comptes (sur les notes). On est bien loin de l’intention de départ.

Devenir coach pour ses enfants

Beaucoup de parents agissent ainsi, car ils ne connaissent pas d’autres solutions. Ils croient tout simplement bien faire. Pour aider votre enfant, vous devez passer à une posture de coach. Qu’est-ce que c’est ? Ok, vous ne comptez pas entraîner votre enfant au prochain match de foot. Devenir coach pour ses enfants c’est avant tout de savoir le motiver, de savoir l’encourager.

Devenir ou être un bon coach pour ses enfants est tout à fait à votre portée. Il ne faut pas hésiter en tant que parents à prendre et à affirmer votre place d’adulte et surtout à ne pas la renier. Votre adolescent a besoin de sentir que vous êtes là, même si vos relations sont conflictuelles.

Il vous faudra faire beaucoup d’efforts et vous contraindre à être patient. Parlez calmement et clairement de ce qui vous ‘préoccupe’ et sans aucun jugement : c’est pour vous, pas contre lui. Nous savons que cela peut être difficile voire « héroïque »….

Dans cet article je vais vous donner quelques principes et des erreurs à éviter.

1. Communiquer autrement

Un fait est à admettre : la communication est soumise aux tensions les plus fortes au moment de l’adolescence. Ces tensions génèrent une énergie qu’il faut utiliser pour progresser, changer, atteindre ses objectifs, bref avancer. Ajoutons également qu’il faut tenir compte de la susceptibilité nouvelle de votre adolescent et vous comprenez que cela ne va pas être facile !

Que veut dire communiquer ? Parler … laisser parler, écouter, réagir, transmettre ?
Vous avez bien sûr encouragé vos enfants à s’exprimer librement quand ils étaient petits. Revoyez à l’occasion, tranquillement, avec le plus d’honnêteté possible si vous leur avez permis de parler sans les réprimander, les ridiculiser, leur couper la parole etc. Vous risquez de vous surprendre mais de comprendre et donc de rectifier votre comportement.

Il ne faut pas oublier qu’avec votre adolescent, tout votre vécu ensemble et la qualité du lien que vous avez depuis toujours, vient, bien – sûr, largement influencer la qualité de la communication présente. Si vous avez été distant par manque de temps par exemple mais bienveillant et intéressé par ses activités, votre adolescent cherchera des moments de complicité.

Si vous avez été distant toujours par manque de temps mais critique et embarrassé par tout dialogue, il est probable que votre adolescent se tourne vers d’autres interlocuteurs. Vous pouvez bien sûr changer d’attitude et vous tenir au courant de ce qu’il fait, même si vous désapprouvez, angoissez, etc. Communiquer, ce n’est pas seulement informer, orienter, interdire, critiquer, sermonner, etc. c’est aussi exprimer vos sentiments, converser à propos de l’actualité par exemple, transmettre vos expériences, l’histoire familiale, etc.

En fait, c’est la qualité de la relation et des échanges avec votre adolescent qui est essentielle. Elle se construit et évolue à travers l’estime que vous lui portez, la confiance que vous avez en lui, la valorisation de ce qu’il fait et réussit et le respect réciproque. Votre adolescent sent parfaitement cela.

Comment faire quand la communication avec votre adolescent ne vous satisfait pas ? Comment établir le dialogue ou le rétablir puis l’entretenir et le sauvegarder ? La première condition est d’en comprendre la nécessité, d’être convaincu de son utilité et d’en avoir envie…sinon c’est une manipulation ou sera vécue comme tel par l’adolescent.

Vous pouvez commencer par le faire parler de ce qu’il aime, de sport, de musique, de films, de ses lectures de ses vacances, de ses rencontres etc. Vous pouvez lui parler aussi de ce que vous aimez, de ce que vous faisiez à son âge, de vos joies, de vos plaisirs et de vos échecs.

[Le papa de Timothée a été très étonné de l’intérêt, de l’écoute et de la bienveillance de son fils, 15 ans, quand il lui a raconté ses déboires et déceptions dans la pratique du rugby. Ce père pensait que son fils allait plutôt se moquer de lui…]

2. Osez prendre le temps et même en « perdre » avec lui

Laissez-le parler, exprimer ses idées même, surtout, si vous n’êtes pas d’accord ! Les adolescents sont prêts à accepter vos conseils mais pas sous la forme d’une leçon de morale. Pourquoi leur dire ?« tu n’y connais rien, tu ne connais pas la vie, tu n’as pas d’expérience, tu verras quand tu auras mon âge etc. »

Cela risque d’être vécu comme une dévalorisation. Vous le renvoyez à une place d’enfant trop immature pour dialoguer avec vous. Et vous coupez de fait la communication. Mettez en valeur ce qu’il réussit, ses qualités, celles que vous lui accordez, celles qu’il se reconnaît, celles attribuées par son entourage. Il peut être à l’extérieur très serviable alors que chez vous, il faut lui demander souvent la même chose, sociable alors que chez vous, il ne parle pas, tenace, persévérant, dynamique, etc.

Pour une réelle communication, il est nécessaire que les pensées, les idées, les sentiments s’échangent dans le respect mutuel. Une bonne communication ne résoudra peut-être pas tous les problèmes mais les limitera et ouvrira d’autres portes. La maîtrise de vos émotions est nécessaire car les adolescents supportent mal de voir leurs parents leur « crier après ».

Essayez de rester le plus calme possible…tout en leur disant que …vous ressentez de la colère ou que vous êtes inquiet…etc. Patience et maîtrise de soi peuvent constituer des règles de fonctionnement. Il est parfois plus sage d’écouter et de leur répondre avec douceur ou de remettre à plus tard la discussion si vous vous sentez submergé par votre colère.

Certes vous avez l’autorité ! Si vous évitiez les violents excès de colère, les condamnations brutales, vous ne perdriez pas pour autant cette autorité et vous apaiseriez le climat. N’installez pas le rapport de force car c’est là qu’un jour vous pourriez perdre….

Votre adolescent(e) pourrait vous prendre au mot. [Le papa d’Elodie lui interdit sous peine de la mettre dehors d’aller dormir chez son copain. Elle est majeure et s’estime assez grande pour décider de sa vie affective. Elle fait sa valise…]

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3. Encourager leur vie sociale

Leurs copains et leurs copines peuvent aussi être des soutiens efficaces en dehors de la famille. S’intéresser sincèrement à son environnement, c’est reconnaître à votre adolescent des capacités à créer des liens d’amitié solides et des qualités relationnelles, sociales que vous ignoriez peut-être.

En écoutant, en rencontrant, en invitant leurs copains, vous pourrez voir votre adolescent sous un autre angle, bien souvent beaucoup plus valorisant que vous ne le pensez.

C’est comme cela que le papa de Baptiste a découvert le projet de création d’entreprise de son fils et l’état d’avancement de ce projet. Au cours d’un dîner, il a appris par le meilleur copain de son fils le rôle que les adolescents comptaient lui donner : à savoir l’étude du marché.

Il s’est tout à coup rendu compte de la maturité de son fils et a changé sa manière d’être avec lui. Ce furent deux adultes qui ont commencé à se parler avec beaucoup plus de complicité et d’intensité.
Tentez de connaître les liens d’amitié de vos enfants. Leurs copains ne sont pas forcément vos ennemis.

Votre adolescent ne travaille pas bien et ses résultats vous inquiètent. Informez-le de votre intention de rencontrer un enseignant, le directeur etc. et demandez-lui son avis avant toute communication avec le milieu scolaire.

Vous lui démontrez ainsi votre intérêt pour son travail scolaire et préservez la clarté des échanges à son sujet.
Respectez dans un premier temps son refus. Différez mais n’abandonnez pas car cela peut cacher des difficultés que vous ignorez. Fixez-lui une échéance.
Ce temps que vous lui accordez (avec une limite) lui permettra, éventuellement, de vous confier ce qu’il vous a soigneusement caché jusque là. Cela contribuera aussi à le responsabiliser, lui donner des repères et le sécuriser.

4. Savoir accueillir et lire le bulletin scolaire

Retenez-vous de l’ouvrir tout de suite qui plus est, sans lui, et sans l’autre parent.
Nous savons que c’est difficile !

Si le bulletin de votre ado vous angoisse, mieux vaut partager votre inquiétude tout de suite avec votre conjoint. Vos deux points de vue peuvent s’équilibrer, tempérer les réactions de l’un et de l’autre, votre adolescent saura immédiatement à quoi s’en tenir et la discussion pourra s’engager immédiatement à trois.
Évitez que ces échanges aient lieu devant le reste de la fratrie. Il faut toujours lui laisser « sauver la face » au regard des autres.

En général, tout n’est pas nul. Commencez vos commentaires par les meilleurs ou les moins mauvais résultats. Cela vous mettra de meilleure humeur et vous évitera de laisser échapper des remarques humiliantes.Vous savez bien que tout peut s’améliorer. Regardez aussi les commentaires des enseignants.

Ils peuvent être plus valorisants et plus significatifs que la note elle-même et indiquer comment votre ado peut progresser. Mettez en valeur les progrès accomplis : passer de neuf à onze peut parfois être un exploit. Enfin faites attention à la relativité des notes en fonction du niveau global de la classe. Un dix dans un établissement quelque peu élitiste peut valoir plus qu’un douze ou un treize dans un autre moins exigeant.
Dans la culture française les éléments négatifs sont plus facilement mis en évidence que les positifs. Tenez-en compte.

Écoutez les réflexions de votre adolescent qui peut lui aussi avoir des explications plausibles et un avis sur ses échecs et sur la façon de progresser.

Reconnaissez et valorisez ses efforts même si les résultats ne sont pas encore à la hauteur de vos espérances.
Évitez de transmettre vos inquiétudes et même vos angoisses pour l’avenir.

Demandez-vous à quoi cela vous sert d’être si tendu ?

Adoptez la stratégie des « petits pas ». Un progrès même modeste est toujours à mettre en valeur et à encourager. On ne gravit pas un escalier en allant directement de la première à la dernière marche. Chaque marche gravie crédibilise la possibilité d’une évolution positive et encourage le passage à la suivante.

5. Parler de leur (votre) système de valeurs

Depuis leur naissance, vous avez imaginé, rêvé pour eux le meilleur avenir possible en fonction de votre milieu social, de vos familles, de vos goûts, des regrets de ce que vous n’avez pas pu faire, de l’image que vous avez des meilleurs métiers selon vous, de votre niveau d’études etc. Vous êtes dans une certaine logique depuis toujours et avez adapté votre éducation en conséquence.
Votre ado, lui, commence tout juste à se poser les questions de son avenir et souvent par obligation : stage de la troisième, orientation pour le lycée etc.
Il sait depuis toujours que le niveau de ses notes est en rapport avec la qualité de la relation avec vous.
D’autre part, il découvre aussi d’autres idées, d’autres milieux sociaux et familiaux à travers ses copains. Ses goûts s’affirment et peuvent être différents des vôtres.
Sa conception de sa future vie d’adulte peut être différente voire en opposition au modèle que vous représentez pour lui.

Que de contrariétés possibles !

Les adolescents peuvent, momentanément, sachez-le, rejeter vos valeurs.
Les valeurs du travail, de l’argent, l’importance du métier et l’image sociale peuvent leur apparaître temporairement sans aucun intérêt, démodées, dépassées voire déplacées.

Derrière ces rejets, se cache la peur de ne pas y arriver, la volonté de se construire seul, le sentiment d’injustice, l’opposition et la provocation propre à l’adolescence.

Ce qui d’ailleurs ce qui va permettre à l’adolescent de trouver sa propre identité, c’est bien la fonction de la « crise d’adolescence ».

S’opposer aux parents est donc en fait une « bonne nouvelle » ! C’est aussi leur faire de nombreux reproches sur l’éducation reçu, les choix de vie. C’est une excellente occasion de « vider son sac ». L’adolescent n’aura plus ensuite à « traîner » des non-dits, des griefs dans sa vie d’adulte. Comprendre l’attitude de leurs parents les amène aussi à être sensibles aux comportements de tous les adultes.

Évitez de paniquer, de condamner, de mépriser. Ne vous sentez pas pour autant remis en cause dans l’éducation que vous leur avez donnée jusque là.
Prenez du temps. Laissez-lui se rendre compte par lui-même qu’il a intérêt à nuancer en le laissant faire des expériences. Il en tirera lui-même ses conclusions. Il entendra d’autres avis que le vôtre sur le monde du travail. Vous aurez l’agréable surprise de constater qu’il peut finalement de pas être si éloigné des valeurs que vous lui avez transmises.
Vous éviterez les reproches éternels : « tu ne m’as pas laissé faire ce que je voulais, c’est de ta faute si ».

Il sera temps alors de reparler d’orientation d’une manière plus détendue et avec plus de maturité chez votre ado.
Vous lui aurez permis de mettre en valeur toutes ses qualités, ses aptitudes et son sens critique.
Vous lui permettrez de prendre, sans grand risque, de l’autonomie et d’acquérir une expérience en dehors du milieu.
Tout le monde aura fait un chemin dans l’acceptation des uns et des autres. Le climat familial ne sera que meilleur et épanouissant pour tout le monde.

6. Comprendre leur logique

Ce n’est pas toujours la vôtre.

Sa logique ou ses envies peuvent être de privilégier ses rapports avec ses copains au moment où il doit réviser ! Plutôt que d’être dans la lutte, il vaut mieux négocier et lui montrer qu’il peut tout faire : les sorties avec les copains et son travail scolaire à condition de savoir organiser son temps.

Certains travaillent mieux dans l’urgence de l’échéance, d’autres préfèrent s’organiser longtemps à l’avance. S’ils réussissent, pourquoi changer ? Il n’y a pas de vérité en la matière. D’autres disent qu’avoir simplement le bac « ça suffira » Peut-être…
[Lucas, en terminale veut intégrer une école de théâtre et pensait qu’il n’était pas nécessaire d’avoir le bac avec mention.

La surprise a été désagréable quand il s’est entendu dire que la sélection se faisait sur dossier après le bac. Après avoir revu les appréciations des enseignants sur son comportement et sur ses notes, Lucas a rectifié le tir de lui-même. ]
Dans cette situation, Lucas a compris que son travail scolaire pouvait être mis au service de son objectif.

Certains ne supportent pas le silence et ont besoin de s’assourdir avec leur musique préférée pour se concentrer ce qui est difficilement compréhensible pour vous !
Leur logique du rangement est souvent très éloignée de la vôtre.

S’ils retrouvent leurs affaires pour partir au lycée le matin, il n’y a pas péril en la demeure. Si le ‘bazar’ se limite à leur chambre et si celle-ci reste dans des limites raisonnables de la propreté,
Ne rentrez pas dans des combats inutiles. Une fois la crise d’adolescence passée, ils retrouveront vos principes éducatifs.

7. Parler et les faire parler de leur imaginaire

Il ne faut pas oublier que les 10-15 ans, filles et garçons sortent de leur enfance et entrent dans leur adolescence. Ils découvrent le monde et les adultes avec un regard neuf et sévère. Leur imaginaire joue un rôle important et leurs héros, actuellement, Harry Potter, leur proposent des modèles de référence. Des élèves qui ne lisent que, contraints et forcés, les livres proposés par leur professeur de français, se ruent dans les librairies à chaque sortie du dernier Harry Potter et avalent sans sourciller les quelques centaines de pages de chaque ouvrage !

 

C’est aussi le moment de la vie le plus favorable pour concevoir une société différente et vouloir « refaire le monde ». L’intérêt de ces échanges est de leur permettre de tout imaginer avant que la réalité ne s’impose à eux et de mesurer les limites et leurs limites. Cela leur permet de faire des choix, d’analyser le chemin à parcourir, de se positionner comme citoyen etc.


8. Motiver et valoriser

Donnez lui envie de réussir. Vous êtes sûr qu’il (elle) réussira ! Dites-le lui mais écoutez aussi ses peurs, ses doutes et acceptez qu’il échoue pour mieux rebondir après. Parlez-lui de ses objectifs et de la manière de les réaliser. Ne rabâchez pas les phrases du genre : « Tu ne travailles pas assez ». Plus vous répétez les mêmes choses, moins ils écoutent. Vous ne faîtes que leur transmettre votre inquiétude.

Tout le monde a besoin de signes de reconnaissances. Bien sûr les signes positifs sont à privilégier !
Les signes de reconnaissance font partie des besoins fondamentaux de l’être humain. Lorsqu’elle est privée trop longtemps de signes de reconnaissance positifs, une personne va préférer des signes de reconnaissance négatifs…plutôt que rien du tout (indifférence). Ils sont importants car ils peuvent être facteurs de motivation ou de démotivation. Ils sont Indispensables pour faire évoluer le comportement de votre adolescent, pour qu’il prenne des initiatives et acquiert de l’autonomie et pour créer un rapport gagnant gagnant.
Félicitez-le mais à bon escient. Tout signe de reconnaissance positif de votre part doit être sincère et mérité.

Encouragez les domaines de compétences de votre adolescent en dehors du scolaire Il fait gagner son équipe de basket ou il occupe le premier rôle dans une pièce de théâtre, soulignez le, cela améliorera son estime de soi.

« L’estime de soi ? Eh bien, c’est comment on se voit, et si ce qu’on voit on l’aime ou pas. » (1) L’estime de soi repose pour Christophe André et François Lelord sur trois « ingrédients » : la confiance en soi, la vision de soi, l’amour de soi.

S’estimer veut dire s’évaluer. L’amour de soi repose sur l’amour que la famille nous a donné etc. Il se construit dès les premiers moments de la vie et tout au long de la petite enfance. Il est donc très dépendant de l’image que les parents nous ont renvoyée de nous-mêmes. On s’aime malgré ses défauts, malgré ses échecs etc.

La signification de l’ « échec » (ou de la réussite) est à analyser.

Que signifie-t-il dans votre famille en particulier ? L’échec (ou la réussite) est un résultat, une interprétation, une information en retour et non une chose sur laquelle il est possible d’agir directement. Ce n’est ni une fatalité, ni une punition, ni une raison d’être moins aimé ou d’être mis à l’index de la famille. Tout échec peut être dépassé.

Donnez la « permission » de l’échec …et celle de réussir….parlez de vos propres échecs.
Contrairement à la culture américaine, la culture française permet moins l’échec, lequel, aux USA est considéré comme une expérience qui demande à être corrigée. L’échec est une leçon de laquelle il va pouvoir apprendre. En ce sens, c’est une chance qui offre un espace d’apprentissage.

Mettez en valeur ses qualités (celles que vous lui attribuez et qu’il se reconnaît) exemple : être sociable, serviable, dynamique, tonique, tenace, persévérant, etc.
Votre adolescent, même s’il a de très mauvaises notes, est sûrement bon voire excellent dans un domaine autre que le scolaire.

[Charles était très doué pour marquer des essais au rugby et très apprécié de son équipe qu’il faisait souvent gagner. Il avait développé des capacités à travailler en équipe, à élaborer des stratégies pour marquer les essais etc. Charles n’avait jamais raconté ses succès à ses parents tant les échecs scolaires tenaient de place dans la relation. Il avait aussi peur de passer pour un vantard.]

[Capucine était particulièrement appréciée par son groupe d’amis pour ses capacités à être à l’écoute des autres et pour son dynamisme et son savoir faire pour organiser leurs fêtes. Mais elle n’avait pas réalisé que cela mettait en évidence des qualités qui seraient précieuses un jour dans le monde du travail et qu’il faudrait les prendre en compte dans le choix d’un futur métier.]

Le coaching permet de travailler avec profit sur ses représentations, ses croyances notamment sur les réussites et les échecs.

9. Accepter l’autonomie

A l’adolescence, il est tout à fait normal de prendre ses distances avec ses parents et de remettre en cause les influences parentales ou familiales.
C’est aussi dans l’ordre des choses qu’un adolescent affiche son style et préfère la compagnie de ses amis à celle de ses parents.

L’autonomie s’acquiert progressivement en faisant des choix personnels, en prenant le temps de réfléchir, en affirmant ses limites, en sachant dire non etc.
Le but est d’amener vos adolescents à se passer de vous. Ce n’est pas pour autant qu’ils vous aimeront moins, bien au contraire. Ils sont à même d’apprécier ce que vous avez fait pour eux.
Faites leur confiance, laissez les faire leurs expériences. Ce n’est pas en les empêchant de s’éloigner de vous que vous améliorerez vos rapports.

Au contraire, trop de contrôle risque bien de vous faire perdre le contrôle…

L’autonomie n’est pas un état mais un processus : on vit tout au long de notre vie des crises identitaires.

L’autonomie correspond à l’utilisation par la personne de ses capacités de conscience, de spontanéité, d’intimité et de choix.

La personne autonome accepte la responsabilité de ce qu’elle vit, prend ses décisions en fonction de ses critères personnels et non plus pour s’adapter, vit ses sentiments authentiques et les exprime selon ses choix, perçoit l’autre et elle-même comme une personne qui a le droit d’exister et mérite le respect.

Pour Eric Berne l’accession à l’autonomie se manifeste par la libération ou le recouvrement de trois facultés, la conscience, la spontanéité, la liberté (2).

L’autonomie ne se mesure pas seulement à la capacité de s’organiser dans sa vie matérielle. C’est l’autonomie psychique qui permet de rentrer dans la vie adulte en étant capable de mobiliser toutes ses capacités.

Devant l’attitude parfois déconcertante, déroutante ou inattendue de votre adolescent Il est difficile de ne pas de s’empêcher d’agir à sa place.
C’est aussi compliqué de le laisser faire car les parents sont rattrapés, quelquefois à notre insu, par leurs peurs ou leurs désirs. Beaucoup de choses peuvent inquiéter à juste titre : avec qui sort-il (elle), que fait-il (elle), etc. Comment être le moins maladroit possible et comment les protéger ?

10. N’achetez pas sa réussite

Lorsque votre adolescent vous annonce une mauvaise note ou oublie de le faire, vous vous sentez souvent floués, quelquefois découragé ou en colère. Il peut arriver aussi de ne plus savoir quelle attitude adopter.
Il est normal de vouloir la réussite de vos enfants. Il est normal de vouloir les gratifier quand ils ont fait un effort particulier. Il faut éviter de tomber dans le marchandage qui vous conduirez à devoir acheter leurs bonnes notes.

N’humiliez pas votre adolescent. L’humiliation n’a jamais été une bonne méthode d’éducation car elle ne conduit qu’à perturber l’estime de soi. Elle risque donc de favoriser des comportements d’échecs. Votre agacement, votre déception, votre colère ne doivent pas vous conduire à rejeter votre adolescent. Montrez lui que c’est sa conduite ou ses résultats actuels que vous remettez en cause et non lui en tant que personne que vous aimez et respectez.
« Tu n’arriveras jamais à rien » est une phrase à oublier ou encore comme disait la maman de Romain à sa voisine de palier « il travaille beaucoup mais il n’y arrive pas. Ce n’est pas de la mauvaise volonté soupire t-elle encore » !

11. Laissez-le être qui il est

Bien souvent, dès la naissance de l’enfant, les parents et l’entourage du bébé lui attribuent des ressemblances d’abord physiques avec d’autres membres de la famille : c’est tout le portrait de son oncle, de sa tante, etc.…Au fur et à mesure, on lui attribuera des traits de caractère qui peuvent être gênant.
Évitezles étiquettes : il (elle) est bien comme son père…sa mère…sa grand-mère….son oncle….etc. Il est insupportable, tu es bête, etc. Les enfants et les adolescents se conforment souvent à ce que les parents disent d’eux, à leur jugement et à l’identité donnée par son entourage qu’il finit par confirmer plus ou moins.

 

Alice Miller montre très bien l’importance de ne pas donner d’étiquette à un enfant. « Un être humain peut ainsi passer toute son enfance et j’ajoute toute sa vie en se collant une étiquette …sans jamais pouvoir rectifier cette mauvaise image qu’il a de lui, car son entourage semble la confirmer. Les étiquettes sont distribuées par les parents et reflètent ce qu’ils ne supportent pas chez leur enfant. »(3) . C’est aussi souvent ce qu’ils ne supportent pas chez eux.

Les jugements ou les critiques des autres, et notamment de personnes importantes pour l’adolescent, comme ses parents ou ses professeurs, peuvent modifier, transformer ou changer, en bien ou en mal, l’impression et l’image que l’adolescent a de lui-même et ainsi l’idée ou l’appréciation de ses capacités et possibilités.

 

Les étiquettes peuvent aussi paralyser : « je n’ai pas confiance en moi », « je suis nulle ».
Les étiquettes attribuées par la famille ou les copains peuvent aussi inciter les ados à y répondre par la provocation.

Il ne faut pas oublier qu’un être humain est composé d’une infinité de personnages qu’il découvre au fur et à mesure de l’évolution de sa vie. Il est heureux de pouvoir progresser et de s’améliorer !

Il est donc imprudent voire dangereux de mettre des étiquettes à un adolescent ou même de tenter de le cantonner à une image car c’est la période de la vie ou on est susceptible de changer le plus, le plus vite et le plus radicalement.

Le coach grâce notamment à certains apports de l’analyse transactionnelle (exemple : les scénarios de vie) peut aider l’adolescent à remettre en question les étiquettes limitantes.

Ne projetez pas vos peurs, vos représentations et vos jugements sur votre adolescent. Vous pourriez disqualifier des filières de formation et d’enseignement qui pourraient être épanouissantes pour votre ado même si à vos yeux et dans votre milieu, elles ne sont pas perçues comme prestigieuses. L’intérêt n’est-il pas aussi que votre adolescent soit bien avec ses choix ?

N’étouffez pas ses idées, ses goûts dès qu’il les exprime s’ils ne correspondent pas à ce que vous aviez prévu, imaginé…pour lui !

Il faut pouvoir envisager de le soutenir s’il fait des choix qui vous semblent sérieux même s’ils ne font pas partis de traditions familiales. Parlez-en ouvertement avec lui.
Nous savons que cette démarche est difficile, mais, l’équilibre des enfants passe parfois par le renoncement des rêves des parents.

Ne projetez pas vos propres désirs ou vos propres échecs sans être à l’écoute de ceux de votre adolescent. « J’ai toujours été nul en maths donc rien d’étonnant que tu le sois aussi » Beaucoup d’adultes choisissent de se réorienter à la quarantaine car ils s’aperçoivent qu’ils ne s’épanouissent pas dans le métier choisi à vingt ans.

12. Préserver son autonomie

Bien souvent, les parents ont peur de laisser leur adolescent faire et décider de faire des choses auxquelles ils ne croient pas. Les adolescents ressentent cela comme un manque de confiance voire comme du mépris. Trop cadrer leur emploi du temps et leurs sorties revient en fait à empêcher l’apprentissage de l’autonomie.

Il parait aussi plus simple de décider à sa place de ce qui est bien pour lui, ce qu’il doit faire, ce qui est un bon ou un mauvais métier, qui sont les bons et mauvais copains etc. C’est aussi plus rassurant pour les parents.

Au lieu d’être dans les décisions totalement « à la place de » puis dans « le laisser faire total », il va falloir trouver un moyen terme qui va vous permettre de lui transmettre votre avis, vos valeurs et même vos rêves en ce qui le concerne tout en pouvant et sachant écouter ses désirs, ses observations, les fruits de ses expériences, qui peuvent être loin des vôtres et fluctuants.
Il est relativement rare qu’un adolescent soit déterminé sur le choix d’un métier et qu’il s’y tienne jusqu’au bout. Il est beaucoup plus courant qu’il change d’avis après avoir discuté avec ses amis, rencontré des professionnels ou suivi des stages, après avoir rencontré des conseillers d’orientation et participé à des salons des étudiants.

Ces hésitations sont nécessaires et légitimes.
Vous pouvez aussi vous attendre à des changements d’orientation même en cours d’études supérieures. Là aussi il conviendra de discuter avec beaucoup d’ouverture d’esprit. Outre une déception possible voire certaine de part et d’autre, vous serez peut-être même en colère si vous constatez que votre adolescent n’a pas travaillé. Bien entendu une discussion s’impose.

Pourquoi n’a t’il pas travaillé ? Manque de motivation, il n’a pas su gérer sa nouvelle liberté, une déception amoureuse ? Il est perdu dans l’organisation des études supérieures, il s’est laissé surprendre par la somme de travail demandée etc.

Il est important d’insister pour l’aider à faire cette analyse. Elle l’aidera à faire un meilleur choix l’année suivante et vous aidera à mieux accepter ses changements d’orientation. C’est peut-être aussi le moment de vous faire aider par des professionnels, coach ou psy ou conseiller d’orientation.

Vous aurez en outre des choix financiers à faire qu’il faudra faire admettre à votre adolescent.

Vous pourrez par exemple lui demander de participer partiellement au financement de ses études par des emplois d’été. Au contraire d’une punition, cela peut être un vrai plus pour son futur CV…et lui procurer un peu d’argent de poche personnel avec lequel il pourra aussi se faire plaisir.

La bonne attitude reste toutefois dans la nuance. Le pire serait de ne plus avoir aucun désir ou ambition pour eux, de renoncer sans les autoriser à changer de voie et sans les aider.

Tout est question de degrés et de limites à ne pas dépasser.

(2) Eric Berne, Des jeux et des hommes, Stock, rééditée en 2007

(1) Christophe André, François Lelord, L’estime de soi, Editions Odile Jacob, 1999.

(3) Alice Miller, Libres de savoir, Flammarion, Mayenne, 2001.

Dossier: Claire Bernard

ClaireBernard

Coachcertifiée HEC

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